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Insuline lente et rapide : stylos, injections, conservation

Insuline lente et rapide : rôle de chacune, schéma basal-bolus, stylos et aiguilles, zones d’injection, lipodystrophies et conservation de l’insuline.

Par Manon · · 6 min de lecture

Illustration : deux stylos à insuline, horloge et boîte isotherme

L’insuline est l’hormone qui permet au glucose d’entrer dans les cellules. Avec un diabète de type 1, le pancréas n’en produit plus : elle doit être apportée par injections ou par une pompe. Le traitement associe le plus souvent une insuline lente, qui couvre les besoins de fond, et une insuline rapide, qui couvre les repas. Bien les connaître, savoir injecter et conserver l’insuline font partie des bases du quotidien.

Quelle différence entre insuline lente et insuline rapide ?

Chez une personne sans diabète, le pancréas libère en permanence un peu d’insuline, puis davantage au moment des repas. Le traitement cherche à reproduire ces deux fonctions :

  • L’insuline basale (lente) couvre les besoins de l’organisme en dehors des repas et pendant la nuit. Selon l’Inserm, les analogues lents agissent environ 24 heures et imitent la sécrétion de fond d’une personne non diabétique.
  • L’insuline prandiale (rapide) couvre les glucides des repas et sert aussi à corriger une glycémie trop élevée. Selon le Vidal, les analogues rapides commencent à agir 15 à 35 minutes après l’injection, atteignent leur pic 1 à 3 heures après et agissent 3 à 5 heures.

Tableau comparatif : insuline lente et insuline rapide

Insuline lente (basale) Insuline rapide (prandiale)
Rôle Besoins de fond, entre les repas et la nuit Glucides des repas et corrections
Moment de l’injection Une fois par jour en général, à heure régulière Au moment des repas, et en cas de correction
Début d’action indicatif Progressif 15 à 35 minutes (analogues rapides)
Durée d’action indicative Environ 24 heures, voire plus pour certains analogues 3 à 5 heures (analogues rapides)
Ajustement Selon la glycémie à jeun et entre les repas Selon les glucides du repas et la glycémie avant le repas
Avec une pompe Remplacée par le débit de base d’insuline rapide Bolus déclenchés par l’utilisateur

Ces durées sont indicatives : elles varient selon les produits, la dose, la zone d’injection et la personne. Il existe aussi des insulines humaines (rapide ou intermédiaire dite « NPH ») aux profils différents : selon le Vidal, l’insuline NPH agit par exemple 12 à 24 heures.

Qu’est-ce que le schéma basal-bolus ?

Le schéma basal-bolus associe :

  • une insuline basale, injectée une fois par jour en général ;
  • un bolus d’insuline rapide avant chaque repas principal, et des corrections si besoin.

On parle aussi de multi-injections. Ce schéma permet d’adapter les doses de rapide aux repas grâce au comptage des glucides. Selon la Fédération Française des Diabétiques, dans le cadre de l’insulinothérapie fonctionnelle, l’insuline basale ne doit pas dépasser la moitié des apports journaliers d’insuline.

Avec une pompe à insuline, seule de l’insuline rapide est utilisée : elle est délivrée en continu (débit de base) et en bolus au moment des repas.

Stylos et aiguilles : ce qu’il faut savoir

Il existe deux grands types de stylos : les stylos jetables préremplis et les stylos rechargeables avec cartouche. L’AJD conseille de garder un stylo de rechange, en cas de perte ou de casse.

Les étapes d’une injection au stylo, d’après le mémo de la Fédération Française des Diabétiques :

  1. Se laver les mains ; la peau n’a pas besoin d’être désinfectée.
  2. Fixer une aiguille neuve et retirer les deux capuchons.
  3. Faire un test de sécurité (en général 2 unités, stylo tenu aiguille vers le haut) jusqu’à voir sortir une goutte.
  4. Régler la dose, piquer perpendiculairement à la peau et injecter.
  5. Attendre 10 secondes avant de retirer l’aiguille, pour ne pas perdre une partie de la dose.

Les aiguilles courtes de 4 mm sont préconisées, notamment en pédiatrie. Une aiguille ne sert qu’une fois : elle s’émousse même si cela ne se voit pas. Les aiguilles usagées se jettent dans une boîte à déchets piquants (boîte jaune à couvercle vert, filière DASTRI), remise gratuitement en pharmacie sur ordonnance et rapportée pleine à un point de collecte.

Où injecter, et comment faire la rotation ?

Les zones d’injection sont le ventre, les bras, les cuisses et le haut des fesses. La rotation repose sur quelques règles, recommandées par l’AJD et la Fédération Française des Diabétiques :

  • garder la même région pour une même insuline à un même moment de la journée, et utiliser une même zone pendant une semaine ;
  • espacer les points d’injection d’au moins 1 cm, soit environ la largeur d’un doigt ;
  • ne pas repiquer au même point avant 6 à 8 semaines ;
  • vérifier la zone avant chaque injection : pas de bosse, de rougeur, d’hématome ou de cicatrice ;
  • éviter un muscle qui va travailler juste après, lors d’une activité physique, et privilégier alors la zone autour du nombril.

Les lipodystrophies : pourquoi les éviter ?

Une lipodystrophie est un amas graisseux sous la peau, de la taille d’un petit pois à celle d’une orange, qui apparaît lorsque les injections sont répétées au même endroit. On parle aussi de lipohypertrophie. Ces zones sont souvent moins douloureuses, ce qui incite à y piquer encore.

Le problème est l’absorption irrégulière de l’insuline dans ces zones :

  • l’insuline peut être absorbée plus lentement, ce qui entraîne des hyperglycémies et pousse à augmenter les doses ;
  • en revenant piquer dans une peau saine avec ces doses plus élevées, le risque d’hypoglycémie augmente.

Pour les prévenir : rotation des sites, aiguille neuve à chaque injection, aiguilles courtes et palpation régulière des zones. Si une lipodystrophie apparaît, il est conseillé de ne plus piquer dans cette zone, de la laisser au repos (elle peut mettre plusieurs mois à disparaître) et d’en parler à l’équipe soignante, qui pourra adapter les doses lors du changement de zone.

Comment conserver l’insuline ?

Situation Conservation habituelle
Stylos et flacons non entamés Au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C selon les notices, jusqu’à la date de péremption ; ne pas congeler
Stylo ou flacon en cours d’utilisation À température ambiante, à l’abri de la chaleur et de la lumière, pendant la durée indiquée par la notice (souvent 4 semaines)
Chaleur Au-delà de 30 °C, l’insuline perd progressivement son activité
Gel Une insuline qui a gelé est détruite et ne doit pas être utilisée

Selon les produits, un stylo entamé peut ou non retourner au réfrigérateur : la notice fait foi. Noter la date d’ouverture sur le stylo permet de savoir quand le jeter, même s’il n’est pas vide. En déplacement ou par forte chaleur, une trousse isotherme ou une glacière sans contact direct avec la glace ou les blocs réfrigérants est recommandée ; voir aussi l’article voyager avec un diabète de type 1.

En résumé

L’insuline lente couvre les besoins de fond sur environ 24 heures, l’insuline rapide couvre les repas et les corrections pendant 3 à 5 heures. Le schéma basal-bolus associe les deux. L’injection se fait avec une aiguille neuve, en changeant de point à chaque fois pour éviter les lipodystrophies, qui perturbent l’absorption. L’insuline se garde au réfrigérateur avant ouverture, puis à température ambiante pendant la durée prévue par la notice.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre insuline lente et rapide ?

L’insuline lente, ou basale, agit longtemps et de façon régulière pour couvrir les besoins de l’organisme en dehors des repas. L’insuline rapide, ou prandiale, agit vite et peu de temps : elle est injectée au moment des repas et pour corriger une glycémie trop haute.

Où faire ses injections d’insuline ?

Les zones habituelles sont le ventre, les bras, les cuisses et le haut des fesses. Il est recommandé de changer de point d’injection à chaque fois, d’espacer les points d’au moins un centimètre et d’éviter les zones abîmées ou bosselées.

Qu’est-ce qu’une lipodystrophie ?

C’est un amas graisseux sous la peau, en forme de bosse plus ou moins dure, qui se forme lorsque les injections sont répétées au même endroit. L’insuline y est absorbée de façon irrégulière, ce qui rend la glycémie imprévisible.

Combien de temps se conserve un stylo d’insuline entamé ?

En général environ 4 semaines à température ambiante, à l’abri de la chaleur et de la lumière, mais la durée et la température maximale varient selon les insulines. La notice du produit fait foi ; noter la date d’ouverture sur le stylo aide à s’y retrouver.

Faut-il changer d’aiguille à chaque injection ?

Oui. Une aiguille s’émousse dès la première utilisation, même si cela ne se voit pas. La réutiliser peut rendre l’injection douloureuse, abîmer la peau et favoriser les lipodystrophies ou les infections.

Sources

  1. Les médicaments du diabète de type 1 · Vidal
  2. Diabète de type 1 · Inserm
  3. Administration d’insuline · AJD – Aide aux Jeunes Diabétiques
  4. Technique d’injection d’insuline avec stylo · Fédération Française des Diabétiques (Diabète LAB)
  5. Lipodystrophies et diabète, comment les éviter et que faire si elles apparaissent ? · Fédération Française des Diabétiques
  6. Chaleur & baignade · AJD – Aide aux Jeunes Diabétiques
  7. NOVORAPID FLEXPEN 100 U/ml, solution injectable en stylo prérempli (modalités de conservation) · Vidal

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