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Hypoglycémie : symptômes, causes et resucrage

Hypoglycémie et diabète de type 1 : seuils, symptômes, causes, règle du resucrage (15 g, contrôle à 15 min) et conduite à tenir en cas d’hypo sévère.

Par Manon · · Mis à jour le · 5 min de lecture

Illustration : verre de jus d’orange, oranges et morceaux de sucre

L’hypoglycémie est une baisse excessive du taux de glucose dans le sang : chez une personne diabétique, elle correspond à une glycémie inférieure à 0,70 g/L (70 mg/dL). Chez les personnes atteintes de diabète de type 1, elle est fréquente et doit être reconnue et corrigée rapidement. Voici ses seuils, ses symptômes, ses causes et les règles du resucrage.

À partir de quel taux parle-t-on d’hypoglycémie ?

Les recommandations internationales (ADA, ISPAD) distinguent trois niveaux, repris par les équipes françaises :

Niveau Définition Ce que cela implique
Niveau 1 Glycémie inférieure à 0,70 g/L (70 mg/dL) Resucrage sans attendre
Niveau 2 Glycémie inférieure à 0,54 g/L (54 mg/dL) Hypoglycémie cliniquement importante, resucrage immédiat
Niveau 3 (sévère) Troubles de la conscience ou du comportement nécessitant l’aide d’une autre personne, quel que soit le chiffre Rien par la bouche si la personne ne peut pas avaler, glucagon, appel du 15

Toute hypoglycémie, même de niveau 1, se corrige sans attendre : elle ne se corrige pas toute seule rapidement. Les seuils d’alerte du capteur et le protocole précis sont à définir avec l’équipe soignante. Pour situer ces valeurs par rapport aux objectifs habituels, voir l’article sur la glycémie normale et le temps dans la cible.

Quels sont les symptômes d’une hypoglycémie ?

Les symptômes varient d’une personne à l’autre, mais sont souvent les mêmes chez une même personne. Ils se répartissent en deux groupes.

Les signes d’alerte, liés à la réaction de l’organisme :

  • tremblements ;
  • sueurs ;
  • palpitations ;
  • faim soudaine ;
  • pâleur ;
  • anxiété, nervosité ou irritabilité.

Les signes liés au manque de glucose dans le cerveau :

  • troubles de la concentration ;
  • vision trouble ;
  • fatigue soudaine, somnolence ;
  • maux de tête, vertiges ;
  • difficultés à parler, confusion ;
  • changement d’humeur ou comportement inhabituel.

Avec un capteur, en cas de doute entre les symptômes et la valeur affichée, une glycémie au bout du doigt permet de vérifier : le glucose interstitiel mesuré par le capteur baisse un peu plus tard que la glycémie sanguine.

Chez certaines personnes, en particulier après de nombreuses années de diabète ou des hypoglycémies répétées, les signes d’alerte s’atténuent : on parle d’hypoglycémies non ressenties. Les alarmes d’un capteur de glucose en continu sont alors particulièrement utiles. La nuit, les signes sont différents : voir l’article sur l’hypoglycémie nocturne.

Quelles sont les causes fréquentes d’hypoglycémie ?

  • Une dose d’insuline rapide trop importante par rapport aux glucides consommés, par exemple après une surestimation des glucides.
  • Un délai trop long entre l’injection et le début du repas, ou un repas retardé, sauté ou moins copieux que prévu.
  • Une dose d’insuline lente ou un débit de base trop élevés par rapport aux besoins.
  • L’activité physique, pendant l’effort et parfois plusieurs heures après.
  • La consommation d’alcool, qui favorise des hypoglycémies retardées, notamment la nuit.
  • Des corrections d’hyperglycémie rapprochées, dont les effets s’additionnent. Voir l’article sur le rage bolus.
  • La chaleur, qui dilate les vaisseaux sanguins et peut accélérer l’absorption de l’insuline injectée.

Comment se resucrer ? La règle des 15 g et des 15 minutes

Le resucrage consiste à apporter rapidement du sucre pour faire remonter la glycémie. Le protocole précis est défini par l’équipe soignante ; le principe général est le suivant.

  1. Arrêter toute activité et s’asseoir. Au volant, s’arrêter dès que possible en sécurité.
  2. Contrôler la glycémie si possible, sans retarder le resucrage en cas de symptômes nets.
  3. Prendre un sucre rapide : en général 15 g de glucides chez l’adulte, par exemple :
    • 3 morceaux de sucre n° 4 (5 g chacun) ;
    • 15 cl de jus de fruits ou de soda non allégé ;
    • 1 cuillère à soupe de confiture ou de miel ;
    • des comprimés ou gels de glucose, selon la quantité indiquée.
  4. Attendre environ 15 minutes, au repos, puis recontrôler la glycémie.
  5. Reprendre du sucre si la glycémie reste basse.
  6. Si le prochain repas est éloigné (plus de 2 heures selon l’Assurance Maladie), prendre une collation, comme un morceau de pain, selon les consignes reçues.

Chez l’enfant, la quantité dépend du poids. L’AJD propose environ 1 morceau de sucre de 5 g par tranche de 20 kg (1 sucre vers 6 ans, 2 vers 12 ans, 3 au-delà de 15 ans), et les recommandations internationales environ 0,3 g de glucides par kilo. La quantité exacte figure dans le protocole de l’équipe pédiatrique.

À éviter pour corriger une hypoglycémie : le chocolat, les biscuits, les viennoiseries et les fruits, qui font remonter la glycémie trop lentement, les graisses ralentissant l’absorption du sucre.

Avec une pompe en boucle fermée, l’algorithme a souvent déjà réduit ou suspendu l’insuline : la quantité de sucre nécessaire peut être plus faible, et certains systèmes permettent de déclarer le resucrage. La consigne est à vérifier avec l’équipe soignante. Voir l’article sur la boucle fermée.

Que faire en cas d’hypoglycémie sévère ?

Si la personne est inconsciente, convulse ou ne peut pas avaler :

  1. Ne rien lui donner par la bouche, en raison du risque de fausse route.
  2. La placer en position latérale de sécurité.
  3. Administrer le glucagon, s’il a été prescrit, selon les instructions.
  4. Appeler le 15 (ou le 112).

Dès que la personne est réveillée et capable d’avaler, elle peut prendre du sucre puis une collation.

Deux formes de glucagon sont disponibles en France, sur prescription :

  • le glucagon injectable, en intramusculaire ou en sous-cutané ;
  • le glucagon en poudre nasale, commercialisé depuis 2020 et remboursé depuis janvier 2022 pour les personnes de 4 ans et plus ayant un diabète de type 1 ou un diabète de type 2 traité par insuline. Il ne nécessite pas de préparation.

Il est recommandé que l’entourage proche (famille, collègues, enseignants) sache reconnaître une hypoglycémie et ait appris à utiliser le glucagon. Le kit doit être vérifié régulièrement (date de péremption).

Comment prévenir les hypoglycémies ?

  • Avoir toujours du sucre sur soi, ainsi que dans le sac, la voiture et sur la table de nuit.
  • Contrôler la glycémie avant de prendre le volant, puis toutes les 2 heures sur un long trajet ; ne pas conduire en hypoglycémie.
  • Utiliser les alarmes du capteur de glucose en continu.
  • Anticiper l’activité physique avec l’équipe soignante : voir sport et hypoglycémie à l’effort.
  • Rechercher la cause de chaque hypoglycémie et analyser les épisodes répétés avec l’équipe soignante, qui peut ajuster le traitement.

En résumé

L’hypoglycémie se définit par une glycémie inférieure à 0,70 g/L (70 mg/dL), cliniquement importante sous 0,54 g/L (54 mg/dL). Elle se manifeste par des tremblements, des sueurs, une faim soudaine ou des troubles de la concentration. Le resucrage repose en général sur 15 g de sucre rapide chez l’adulte (adapté au poids chez l’enfant), suivi d’un contrôle après environ 15 minutes. En cas de perte de connaissance : rien par la bouche, position latérale de sécurité, glucagon si prescrit et appel du 15.

Questions fréquentes

À partir de quel taux parle-t-on d’hypoglycémie ?

Chez une personne diabétique, on parle d’hypoglycémie en dessous de 0,70 g/L (70 mg/dL). En dessous de 0,54 g/L (54 mg/dL), l’hypoglycémie est dite cliniquement importante. L’hypoglycémie sévère se définit, elle, par le besoin de l’aide d’une autre personne, quel que soit le chiffre.

Que manger en cas d’hypoglycémie ?

Un sucre rapide, dans la quantité définie par l’équipe soignante : en général 15 g de glucides chez l’adulte, soit 3 morceaux de sucre, 15 cl de jus de fruits ou de soda non allégé. Chez l’enfant, la quantité dépend du poids. Le chocolat, les biscuits et les aliments gras sont à éviter, car les graisses ralentissent l’absorption du sucre.

Combien de temps après un resucrage faut-il recontrôler ?

Il est recommandé de recontrôler la glycémie environ 15 minutes après le resucrage, puis de reprendre du sucre si elle reste basse. Certains protocoles pédiatriques prévoient de reprendre du sucre dès 10 minutes si les signes persistent.

Que faire si une personne diabétique perd connaissance ?

Ne rien lui donner par la bouche, en raison du risque d’étouffement. La placer en position latérale de sécurité, administrer le glucagon s’il a été prescrit (injection ou poudre nasale) et appeler le 15 ou le 112.

Le glucagon en spray nasal est-il disponible en France ?

Oui. Un glucagon en poudre nasale est commercialisé en France depuis 2020 et remboursé depuis janvier 2022 pour les personnes de 4 ans et plus ayant un diabète de type 1 ou un diabète de type 2 traité par insuline. Il existe aussi un glucagon injectable. Les deux nécessitent une prescription médicale.

Sources

  1. Diabète : hypoglycémie, hyperglycémie et acidocétose · Assurance Maladie (ameli.fr)
  2. Comment faire face à une hypoglycémie ? · Fédération Française des Diabétiques
  3. Hypoglycémie · AJD – Aide aux Jeunes Diabétiques
  4. Hypoglycémie sévère : la spécialité de glucagon par voie nasale BAQSIMI désormais remboursable · Vidal
  5. ISPAD Clinical Practice Consensus Guidelines 2022: Assessment and management of hypoglycemia in children and adolescents with diabetes · ISPAD (Pediatric Diabetes)
  6. Concilier alimentation, activité physique et diabète · Fédération Française des Diabétiques

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