Remboursement capteur et pompe à insuline : ALD et 100 %
ALD, protocole de soins, capteurs de glucose, pompes, boucles fermées, bandelettes, insuline : le remboursement du diabète de type 1 en France expliqué.

La prise en charge du diabète de type 1 en France repose sur le dispositif d’affection de longue durée (ALD), qui permet le remboursement à 100 % des soins liés au diabète. Capteurs de glucose, pompes à insuline, boucles fermées, bandelettes et insuline obéissent ensuite chacun à des règles de prescription précises. Voici comment s’articule l’ensemble, sans entrer dans des montants qui évoluent régulièrement.
Le diabète de type 1 est-il une ALD ?
Oui. Une ALD est une maladie dont la gravité ou le caractère chronique impose un traitement prolongé et coûteux. Le diabète de type 1, chez l’adulte comme chez l’enfant, fait partie de la liste des ALD dites « exonérantes » fixée par décret (la liste « ALD 30 »).
Concrètement, les soins en rapport avec le diabète sont remboursés à 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale. Les soins sans lien avec le diabète restent remboursés aux taux habituels.
Pour comprendre la maladie elle-même, voir l’article diabète de type 1 : définition et symptômes.
Comment obtenir la prise en charge à 100 % ?
La démarche passe par le protocole de soins :
- Le médecin traitant rédige le protocole de soins, qui liste les soins et traitements nécessaires et fixe une durée de prise en charge.
- Le service médical de l’Assurance Maladie (médecin-conseil) le valide.
- La personne signe le protocole et le présente aux médecins consultés pour le diabète.
La durée initiale dépend de l’affection. Le protocole peut ensuite être renouvelé, sans limite d’âge ni de nombre de renouvellements tant que les soins restent nécessaires. Après un diagnostic, l’équipe hospitalière initie souvent cette démarche : voir les premiers mois après le diagnostic.
L’ordonnance bizone
Les médecins utilisent une ordonnance bizone :
- la partie haute concerne les soins liés au diabète, pris en charge à 100 % ;
- la partie basse concerne les autres soins, remboursés aux taux habituels.
Ce qui reste à charge
Le 100 % n’est pas une gratuité totale. Restent notamment à la charge de l’assuré :
- les dépassements d’honoraires ;
- la participation forfaitaire sur les consultations ;
- les franchises médicales ;
- le forfait hospitalier ;
- certains médicaments à faible service médical rendu.
Une complémentaire santé peut prendre en charge une partie de ces frais, notamment le forfait hospitalier et les dépassements.
Comment sont remboursés les capteurs de glucose en continu ?
Les systèmes de mesure du glucose interstitiel (capteurs « flash » ou en continu) sont inscrits sous nom de marque sur la Liste des produits et prestations remboursables (LPP). Leur remboursement suit l’avis de la CNEDiMTS, la commission de la HAS qui évalue les dispositifs médicaux.
Pour les capteurs utilisés seuls (sans pompe), les conditions récentes prévoient en général :
- une indication : diabète de type 1 ou de type 2 traité par insulinothérapie intensifiée (pompe ou au moins trois injections par jour), chez l’adulte et l’enfant à partir de l’âge prévu par le dispositif ;
- une prescription initiale par un diabétologue ou un pédiatre expérimenté en diabétologie pour une personne atteinte de diabète de type 1 ;
- une période d’essai d’un à trois mois, suivie d’une évaluation par le médecin prescripteur ;
- une éducation spécifique de la personne ou de son entourage avant l’utilisation, assurée par une structure impliquée dans l’éducation thérapeutique ;
- un renouvellement par tout médecin une fois la prescription de longue durée établie ;
- un nombre annuel de capteurs pris en charge, calculé selon la durée de port du capteur.
En 2024, la HAS a proposé d’harmoniser les indications par catégorie de dispositif et de supprimer certains critères (durée préalable sous pompe, seuil d’HbA1c). Les conditions peuvent donc varier d’un modèle à l’autre et évoluer : la notice de prise en charge du dispositif prescrit et l’équipe soignante font foi.
Pour comparer les capteurs disponibles, voir FreeStyle Libre ou Dexcom.
Comment est prise en charge une pompe à insuline ?
La pompe à insuline n’est en général pas achetée : elle est louée par l’intermédiaire d’un prestataire de santé à domicile (PSAD). La LPP prévoit notamment :
- un forfait de location et de prestation de la pompe ;
- un forfait pour les cathéters et consommables associés.
Le parcours suit plusieurs étapes :
- l’indication est posée avec le diabétologue, puis la mise sous pompe est réalisée par un centre initiateur ;
- le prestataire livre le matériel, assure une partie de la formation technique et une assistance en cas de problème ;
- la personne est libre de choisir son prestataire.
Le fonctionnement de la pompe est détaillé dans l’article pompe à insuline : fonctionnement et quotidien.
Et la boucle fermée ?
Les systèmes de boucle semi-fermée (pompe + capteur + algorithme) sont eux aussi inscrits sous nom de marque. Les conditions publiées pour les systèmes récents prévoient en général :
- une prescription et une formation assurées par un centre initiateur de pompes à insuline, hospitalier ou non, public ou privé ;
- pour certains systèmes, une demande d’accord préalable auprès du service médical de l’Assurance Maladie ;
- une période initiale d’essai, avec des critères de poursuite (temps de port du capteur, temps d’utilisation en mode automatique) ;
- une réévaluation au moins annuelle, plus fréquente chez l’enfant ;
- une éducation à l’insulinothérapie fonctionnelle et au comptage des glucides.
Le système et ses consommables sont mis à disposition par un prestataire ou un pharmacien d’officine. Pour comprendre le principe, voir la boucle fermée ou « pancréas artificiel ».
Bandelettes, lecteurs et insuline
- Bandelettes : pour le diabète de type 1, elles sont remboursées sur prescription dans les conditions habituelles. La limite de 200 bandelettes par an concerne uniquement le diabète de type 2 non traité par insuline. Avec un capteur, le nombre de bandelettes pris en charge peut être encadré selon le dispositif.
- Lecteurs de glycémie : remboursés sur prescription, à raison d’un lecteur tous les 4 ans pour un adulte et de deux lecteurs tous les 4 ans pour un enfant ou un adolescent de moins de 18 ans.
- Insuline : délivrée en pharmacie sur prescription et prise en charge à 100 % dans le cadre de l’ALD, comme les aiguilles et le matériel d’injection prescrits.
Tableau récapitulatif
| Quoi | Comment c’est pris en charge | Qui prescrit |
|---|---|---|
| Soins liés au diabète | 100 % de la base Sécurité sociale après validation du protocole de soins (ALD) | Médecin traitant (protocole), validé par le médecin-conseil |
| Capteur de glucose (seul) | LPP sous nom de marque, période d’essai de 1 à 3 mois, nombre de capteurs limité par an | Diabétologue ou pédiatre expérimenté au départ, puis tout médecin pour le renouvellement |
| Pompe à insuline | Location via un prestataire : forfait location/prestation + forfait consommables | Diabétologue et centre initiateur |
| Boucle semi-fermée | LPP sous nom de marque, période d’essai, réévaluation annuelle, parfois accord préalable | Centre initiateur de pompes |
| Bandelettes | Pas de plafond spécifique en DT1, sur prescription | Médecin |
| Lecteur de glycémie | 1 tous les 4 ans (adulte), 2 tous les 4 ans (moins de 18 ans) | Médecin |
| Insuline et matériel d’injection | Médicaments et dispositifs remboursés, 100 % en ALD | Médecin |
Que faire en cas de doute ou de refus ?
Les conditions de prise en charge changent régulièrement (nouveaux dispositifs, révision des nomenclatures). En cas de question :
- l’équipe de diabétologie connaît les conditions propres à chaque dispositif ;
- la CPAM (par le compte ameli ou par téléphone) renseigne sur l’état du protocole de soins ;
- le prestataire ou le pharmacien peut expliquer une difficulté de délivrance.
En résumé
Le diabète de type 1 est une ALD exonérante : avec un protocole de soins validé, les soins liés au diabète sont remboursés à 100 % de la base Sécurité sociale. Les capteurs, pompes et boucles fermées sont pris en charge sur prescription, selon des conditions propres à chaque dispositif (prescripteur, période d’essai, prestataire). Dépassements d’honoraires, franchises et participation forfaitaire restent à charge. L’équipe soignante et la CPAM restent les meilleures sources pour une situation précise.
Questions fréquentes
Le diabète de type 1 est-il pris en charge à 100 % ?
Oui. Le diabète de type 1 figure sur la liste des affections de longue durée exonérantes. Une fois le protocole de soins validé par le service médical de l’Assurance Maladie, les soins en rapport avec le diabète sont remboursés à 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale.
Qui peut prescrire un capteur de glucose en continu ?
Pour une personne atteinte de diabète de type 1, la prescription initiale et celle qui suit la période d’essai sont réalisées par un diabétologue ou un pédiatre expérimenté en diabétologie. Les renouvellements suivants peuvent ensuite être faits par tout médecin, selon les conditions fixées pour chaque dispositif.
La pompe à insuline est-elle achetée ou louée ?
La pompe à insuline est en général mise à disposition en location par un prestataire de santé à domicile. L’Assurance Maladie prend en charge un forfait qui couvre la location et la prestation, ainsi qu’un forfait pour les cathéters et consommables.
Le nombre de bandelettes est-il limité pour un diabète de type 1 ?
La limite de 200 bandelettes par an concerne le diabète de type 2 non traité par insuline. Pour le diabète de type 1, les bandelettes sont remboursées dans les conditions habituelles, sur prescription ; des règles particulières peuvent s’appliquer lorsqu’un capteur est utilisé.
Qu’est-ce qui reste à charge malgré l’ALD ?
Restent notamment à charge les dépassements d’honoraires, la participation forfaitaire, les franchises médicales, le forfait hospitalier et les soins sans lien avec le diabète. Une complémentaire santé peut couvrir une partie de ces frais.
Sources
- Qu’est-ce que le dispositif appelé Affection Longue Durée (ALD) ? · Assurance Maladie (ameli.fr)
- Prise en charge d’une affection de longue durée (ALD) par l’Assurance maladie · Service-public.gouv.fr
- Bandelettes d’autosurveillance glycémique : indications et remboursements · Assurance Maladie (ameli.fr)
- La HAS réévalue les systèmes connectés de prise en charge du diabète · HAS
- Avis de la CNEDiMTS – FreeStyle Libre Select (25 février 2025) · HAS
- Avis de la CNEDiMTS – Pompes à insuline externes, portables et programmables (30 mai 2017) · HAS
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