Acidocétose diabétique : signes d’alerte et que faire
Acidocétose diabétique : causes, signes d’alerte, mesure des cétones dans le sang, seuils repères, quand appeler le 15 et comment la prévenir avec un DT1.

L’acidocétose diabétique est une complication aiguë du diabète causée par un manque d’insuline : l’organisme dégrade les graisses, produit des corps cétoniques et le sang devient trop acide. Elle concerne surtout le diabète de type 1. Potentiellement grave, elle peut le plus souvent être prévenue et repérée précocement.
En cas de vomissements, de difficultés respiratoires, de somnolence ou de confusion : appeler le 15 (ou le 112) ou se rendre aux urgences sans attendre.
Qu’est-ce que l’acidocétose diabétique ?
En l’absence d’insuline suffisante, l’organisme ne peut plus utiliser le glucose comme source d’énergie. Il dégrade alors les graisses, ce qui produit des corps cétoniques (cétones). Leur accumulation rend le sang trop acide : c’est l’acidocétose. Le premier stade, quand des cétones sont présentes sans acidose installée, s’appelle la cétose : c’est le moment où il est encore possible d’agir à domicile, selon le protocole de l’équipe soignante.
Quelles sont les causes de l’acidocétose ?
- Un manque d’insuline : dose oubliée, stylo défectueux, insuline altérée par la chaleur ou le gel.
- Un problème de pompe à insuline : cathéter bouché, coudé ou arraché, tubulure mal connectée, réservoir vide, pile déchargée. Une pompe ne délivre que de l’insuline rapide, dont la durée d’action est d’environ 3 heures : en cas d’interruption, sans insuline lente en réserve, la cétose peut donc s’installer rapidement.
- Une infection ou une maladie (grippe, gastro-entérite…), qui augmente les besoins en insuline.
- La découverte du diabète : l’acidocétose révèle fréquemment le diabète, en particulier chez l’enfant. Voir le diabète de type 1 chez l’enfant.
Certains médicaments, comme les gliflozines (inhibiteurs de SGLT2), peuvent provoquer une acidocétose avec une glycémie peu élevée, voire proche de la normale. En cas de traitement associé à l’insuline, il est recommandé de demander au médecin s’il est concerné.
Quels sont les signes d’alerte ?
Les signes apparaissent en général progressivement :
- soif intense et besoin fréquent d’uriner, y compris la nuit ;
- fatigue importante, vision trouble ;
- perte d’appétit, nausées, vomissements, douleurs abdominales ;
- haleine à l’odeur fruitée (pomme verte) ;
- respiration rapide et profonde, gêne respiratoire ;
- somnolence, confusion, puis troubles de la conscience en l’absence de traitement.
La cétose peut aussi donner peu ou pas de signes : c’est pourquoi la mesure des cétones est essentielle en cas d’hyperglycémie.
Quand et comment mesurer les cétones ?
La mesure des cétones est recommandée en cas de glycémie élevée (l’AJD indique au-delà de 2,50 g/L (250 mg/dL), le seuil exact étant fixé par l’équipe soignante), en cas de maladie, de nausées ou de doute sur la pompe.
La mesure dans le sang (cétonémie), au bout du doigt avec un lecteur compatible, est aujourd’hui privilégiée. La bandelette urinaire (cétonurie) est de moins en moins utilisée : les cétones apparaissent tardivement dans les urines et y persistent après l’amélioration.
| Cétonémie (sang) | Signification | Conduite générale |
|---|---|---|
| Moins de 0,5 mmol/L | Négative | Traiter l’hyperglycémie selon le protocole habituel |
| Plus de 0,5 mmol/L | Cétose : manque d’insuline | Insuline supplémentaire selon le protocole écrit, contrôles rapprochés, pas de sport |
| 3 mmol/L ou plus | Urgence médicale | Appeler le 15 ou se rendre à l’hôpital |
Repères de l’AJD ; les seuils et doses applicables à chaque personne sont ceux du protocole remis par l’équipe soignante.
Que faire en présence de cétones ?
- Appliquer le protocole écrit de l’équipe soignante (insuline supplémentaire, contrôles de glycémie et de cétones rapprochés, en général toutes les 2 heures).
- Avec une pompe, l’insuline de correction se fait au stylo, car le cathéter peut être en cause, puis le réservoir, la tubulure et le cathéter sont changés.
- Boire de l’eau régulièrement.
- Ne pas faire d’activité physique : la HAS conseille de ne pas démarrer ou d’arrêter l’effort au-delà de 0,5 mmol/L. Voir aussi sport et diabète de type 1.
- Si les cétones ne diminuent pas, en cas de vomissements, de gêne respiratoire, de somnolence ou de malaise : contacter l’équipe soignante ou le 15.
Une hyperglycémie mal comprise pousse parfois à multiplier les corrections : la mesure des cétones aide à distinguer une simple hyperglycémie d’un réel manque d’insuline.
Comment prévenir l’acidocétose ?
- Ne jamais interrompre l’insuline, y compris en cas de maladie ou d’alimentation réduite.
- Avec une pompe, garder en permanence sur soi un stylo d’insuline rapide et des aiguilles, et connaître la conduite à tenir en cas de panne.
- Conserver à domicile du matériel de mesure des cétones (lecteur et électrodes) et vérifier les dates de péremption.
- Connaître le protocole « jours de maladie » et le partager avec les proches.
- Maintenir les vaccinations à jour pour limiter les infections.
En résumé
L’acidocétose résulte d’un manque d’insuline. Une glycémie élevée persistante, a fortiori avec nausées ou malaise, justifie une mesure des cétones dans le sang. Au-delà de 0,5 mmol/L, le protocole de l’équipe soignante s’applique ; à partir de 3 mmol/L, ou en cas de vomissements, de gêne respiratoire ou de somnolence, c’est une urgence. Ces réflexes permettent dans la plupart des cas de l’éviter ou de la prendre en charge à temps.
Questions fréquentes
À partir de quelle glycémie faut-il mesurer les cétones ?
L’AJD recommande de rechercher les cétones lorsque la glycémie dépasse 2,50 g/L (250 mg/dL). Le seuil exact et la conduite à tenir figurent dans le protocole écrit remis par l’équipe soignante.
Quel taux de cétones dans le sang est inquiétant ?
Selon les repères de l’AJD, une cétonémie inférieure à 0,5 mmol/L est négative, au-delà de 0,5 mmol/L il s’agit d’une cétose qui nécessite de l’insuline selon le protocole, et à partir de 3 mmol/L il s’agit d’une urgence médicale.
Vaut-il mieux mesurer les cétones dans le sang ou dans les urines ?
La mesure dans le sang, au bout du doigt avec un lecteur adapté, est aujourd’hui privilégiée. Les cétones apparaissent tardivement dans les urines et y persistent, ce qui rend la bandelette urinaire moins fiable pour suivre l’évolution.
Peut-on faire du sport avec des cétones ?
Non. La HAS conseille de ne pas démarrer ou d’arrêter l’activité physique lorsque la cétonémie dépasse 0,5 mmol/L, car l’effort risque d’aggraver la situation.
Quand faut-il appeler le 15 ?
En cas de vomissements, de difficultés respiratoires, de somnolence, de confusion, ou si les cétones ne baissent pas malgré l’application du protocole. Le 15 et le 112 sont joignables gratuitement.
Sources
- Diabète : hypoglycémie, hyperglycémie et acidocétose · Assurance Maladie (ameli.fr)
- Symptômes, diagnostic et évolution du diabète de type 1 · Assurance Maladie (ameli.fr)
- Hyperglycémie · AJD – Aide aux Jeunes Diabétiques
- Surveillance · AJD – Aide aux Jeunes Diabétiques
- Pompe · AJD – Aide aux Jeunes Diabétiques
- Fiche Prescription d’activité physique. Diabète de type 1 · HAS
- Gliflozines (dapagliflozine et empagliflozine) : prévenir les risques d’acidocétose diabétique et de gangrène de Fournier (fasciite nécrosante périnéale) · ANSM
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